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HISTORIQUE
VOYENNO-MORSKOY FLOT SSSR
Nicolas II de Russie
Le Tsar Nicolas II de Russie
La flotte russe est très ancienne et malgré une relative puissance au 19ème siècle, c'est le Tsar Nicolas II qui lui donne toute son ampleur. En effet celui-ci lance un programme de construction très ambitieux qui permet à la marine russe d'aligner en 1904 pas moins de 28 cuirassés, 13 croiseurs lourds, 18 croiseurs, près de 100 destroyers, 300 torpilleurs et 8 submersibles ! Elle s'empare ainsi de la 3ème place mondiale en terme de tonnage. Cependant la guerre contre le Japon ruine les efforts du Tsar, la flotte russe est défaite et subit de très lourdes pertes. Malgré une tentative de reconstruction de la flotte, elle ne jouera qu'un rôle mineur lors de la 1ère guerre mondiale. Pendant cette période les marins russes participent activement à la révolution d'Octobre 1917. Mais après la guerre civile la marine n'a jamais été aussi mal, les ports baltes et finlandais sont perdus et les trois quarts des navires partent à la casse faute d'entretien.

En 1921, il faut repartir de zéro, cela commence mal puisque la marine est sous le commandement de l'armée depuis 1918 ! Le commandement de la marine n'apparaĆ®tra qu'en 1937. Les amiraux tentent tant bien que mal de reconstituer une armada. En 1922, il n'y a guère plus qu'une poignée de navires de gros tonnages et de destroyers. Jusqu'à cette époque, Trotsky conserve des officiers tsaristes, bientôt remplacés par de jeunes officiers communistes plus "dociles".

Devant la toute puissance de la Royal Navy, ceux-ci abandonnent l'idée d'une marine offensive. En 1925, un des plans quinquennaux de Staline relance la construction d'une flotte marchande puis de guerre. En revanche, ce n'est pas autant que ce qu'attendaient les amiraux, puisque seulement quelques navires légers voient le jour. 3 ans plus tard sous la direction de Mouklevitch : 3 destroyers lourds, 10 sous-marins, 16 vedettes, 2 monitors tandis que 3 cuirassés, 1 croiseur et 3 destroyers sont modernisés. Mais les budgets alloués à la marine sont encore très faibles et le manque d'ouvriers et de techniciens spécialisés pose encore un problème de taille. De plus la quasi-totalité des officiers supérieurs ainsi que des officiers tsaristes ont été fusillés lors des grandes purges, les marins enrôlés par la suite sont d'anciens ouvriers ou viennent des jeunesses communistes et sont incompétents.

Les amiraux de la flotte rouge tombent d'accord, la flotte sera essentiellement défensive, l'accent sera mis sur les sous-marins, les vedettes lance-torpilles et les destroyers : certains souhaitent même la construction d'un porte-avion et d'entamer des négociations avec la France pour installer un port à Bizerte. Cependant Toukhatchevski, qui est alors chef d'état major, n'est pas de cet avis : il préfère une flotte plus modeste et moins onéreuse. En fin de compte, l'état major se met d'accord pour la mise en service de 298 submersibles, 267 vedettes, 7 croiseurs, 4 croiseurs lourds, 9 destroyers lourds et de 49 destroyers. L'impérialisme japonais, accélère la création de la flotte, mais du fait des difficultés économiques, du manque d'infrastructures et de la réduction des crédits seulement 1/3 des prévisions a été réalisé en 1936. Mais en 1937, Staline met le nez dans les affaires de la marine et déclare qu'il faudra une marine puissante et offensive, basée sur un modèle anglo-saxon. Un projet fou voit le jour dans la tête du dictateur : aligner dès 1943 19 cuirassés, 20 croiseurs, 18 destroyers lourds, 145 légers, 341 sous-marins, 514 vedettes et 44 moniteurs. On parle même de 2 porte-avions mais Staline, lui, n'en veut pas. Soit près de 2 millions de tonnes ! Des infrastructures spécialisées et 11 nouvelles écoles navales sont créées, des dizaines de milliers d'ouvriers réquisitionnés. Il est même prévu que pour 1947 la flotte passe à 3,1 millions de tonnes pour 2177 bâtiments soit plus que les flottes japonaises, américaines et anglaises réunies. Il est intéressant de constater que la flotte sous-marine russe est la plus importante du monde en 1941.

La flotte rouge est divisée pour protéger chacune des frontières de la Mère Patrie, il y'a une flotte basée en Batlique : c'est la mieux armée contre la Kriegsmarine, une flotte en Mer Noire, une flotte en Mer du Nord et une dans le Pacifique. Voulant venger la gifle donnée par le Japon en 1905, Staline augmente les crédits pour cette dernière. Mais il faut aussi noter que plusieurs flottilles défendent des cours d'eau, des lacs et les mers intérieures.
Marat 1939
Cuirassé Marat, 1939
En Baltique, la flotte rouge se contentera de missions de ravitaillement des poches de résistance (de Leningrad par exemple) lors de l'avancée allemande ou de bombardement des troupes au sol sans endiguer la progression allemande. Près de la moitié des navires seront détruits par la Luftwaffe, les vedettes allemandes et finlandaises, et par des U-boot ou encore sabordés devant l'arrivée de la Wehrmacht. En septembre 1941, Hans-Ulrich Rudel détruit à lui seul le cuirassé Marat avec une bombe de 1 tonne. Les navires russes seront très utiles à la défense de Leningrad et tireront près de 2,2 millions d'obus depuis le port. En 1942, les allemands installent des filets anti-sous-marin à l'entrée du golf de Finlande rendant inopérante la flottille de sous-marins russes.

La flotte de Mer Noire est constamment en première ligne,et comme en Baltique son rôle est principalement le ravitaillement ou l'appui des troupes au sol (notamment à Odessa). Après la chute de l'arsenal de Nikolaiev en 1941, les marins russes se tournent vers la Crimée et défendent énergiquement Sebastopol. Ils tentèrent également plus de débarquements de troupes pour prendre les allemands à revers. Après Stalingrad, les russes (qui possèdent leur propre infanterie de marine) tentent des débarquements à terre dont le plus important à Novorossiisk qui se soldera par un échec cinglant.
En Mer du Nord, les russes protègent les convois anglais et américains, en 4 ans pas moins de 42 convois arriveront en Russie amenant plus de 12 800 chars, 375 000 camions, 17 800 avions, des armes, des canons, ... Le but de la marine rouge est également de gêner au maximum les convois allemands, les sous-marins russes s'illustreront dans ces combats. Ils effectueront près de 300 sorties pour 200 attaques. Ainsi près de 192 navires de transports, 70 bâtiments de guerre seront envoyés par le fond.



En conclusion: malgré un début difficile, et une carence certaine en officier compétant autant sur les navires qu'à l'état major : En effet, on compte plusieurs cas de tir fratricide, des accidents de navigation, ou encore des submersibles oubliant leur vigie avant de plonger (voir même l'écoutille). Les russes ont vite inversé la tendance et se sont assurés (après d'âpres combats) la main mise sur les mers limitrophes en envoyant près de 600 000 tonnes de navires allemands par le fond. Après 1945, Staline continue son rêve de flotte océanique et en 1958 la flotte rouge devance les Anglais et se positionne 2ème en tonnage. Pour finir quelques chiffres : En 4 ans, la marine russe aura tiré près de 5 338 torpilles, 54 858 grenades anti-sous-marines et utilisé 40 700 mines.


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Sources :
- La marine soviétique (Wikipedia)
- La marine soviétique (secondeguerre.net)
- L'armée rouge : la grande guerre patriotique ; 2GM thématique n.13

Nous remercions une fois encore, tous ceux qui ont contribué à ces pages pour en faire, nous l'espérons, une simulation passionnée et passionnante.