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HISTORIQUE
DAI-NIPPON TEIKOKU KAIGUN
Le prince Hiroyasu Fushimi
Le prince Hiroyasu Fushimi,
chef d'état major de la marine
de 1932 à 1941

À partir de 1868 le Japon n'a de cesse de s'industrialiser et de se militariser pour se protéger des puissances européennes et des États-Unis. Le 17 janvier 1868 est créé le ministère des affaires militaires la revue navale organisée le 26 mars suivant, dans la baie d'Osaka, fait prendre conscience aux Japonais de leur retard. La Marine impériale japonaise est officiellement établie en juillet 1869. Très en retard technologiquement, le Japon décide de s'inspirer de l'exemple des marines occidentales et de recourir à l'achat de bateaux produits à l'étranger, pour moderniser sa flotte. Tout naturellement, le choix se porte sur la Royal Navy, qui domine alors les mers. Régulièrement, du fait de la faiblesse de l'industrie nationale, le Japon fait appel aux chantiers navals britanniques pour équiper la flotte. Cette pratique durera jusqu'en 1913 et l'achat des quatre bâtiments de la classe Kongo. Les britanniques ont aussi une influence certaine sur le développement des industries locales. En 1905, la flotte est composée de six cuirassés (tous fabriqués au Royaume-Uni), huit croiseurs cuirassés (4 britanniques, 2 italiens, 1 allemand et 1 français), neuf croiseurs (5 fabriqués au Japon, 2 britanniques et 2 américains), vingt-quatre destroyers (16 fabriqués au Royaume-Uni et 8 au Japon) et soixante trois torpilleurs (26 fabriqués en Allemagne, 10 au Royaume-Uni, 17 en France, et 10 au Japon). Outre l'augmentation d'effectif, elle est aussi la première marine au monde à posséder un système de communication sans câble (radio), et une pionnière dans l'emploi de l'artillerie à grande portée. En 1909, elle commence à produire ses premières grosses unités, comme le cuirassé Satsuma, Les derniers achats importants réalisés à l'étranger, seront les quatre croiseurs de bataille de la classe Kongo, commandés au Royaume-Uni en 1913. Non seulement, le Japon s'est constitué une flotte puissante et nombreuse, mais il a réussi à mettre en place l'industrie capable de l'équiper. Celle-ci, très dynamique, réalise souvent des premières mondiales, comme l'adoption du calibre de 356 mm sur les cuirassés de la classe Fuso, puis de 406 sur ceux de la classe Nagato.

Le cuirassé Yamato
Le cuirassé Yamato en cours d'achèvement à Kure, septembre 1941
La Première Guerre mondiale, au cours de laquelle, le Japon, allié de l'empire britannique, entra en guerre aux côtés des Alliés, le 23 août 1914, va permettre encore de renforcer la position du Japon sur la scène internationale. Il y récupère le contrôle des colonies allemandes d'Océanie, à savoir les îles Marshall, les Mariannes, et les îles Carolines, ainsi que des concessions et intérêts économiques allemands en Chine. Paradoxalement, la marine japonaise, après la destruction de l'escadre de l'amiral Von Spee, et la prise de Tsingtao, se retrouve sans réel ennemi à sa portée, et doit se contenter de garder les routes commerciales du Pacifique et de l'océan Indien.

À la fin de la Première Guerre mondiale, le Japon est devenu l'une des deux puissances de la zone du Pacifique, il dispose d'un ensemble de colonies, qui alimente son industrie en matières premières, pour protéger ses voies commerciales, il dispose d'une marine, qui est devenue, en quelques années, la troisième du monde. Son industrie devenue puissante, le rend indépendant des achats réalisés à l'étranger. Un nouveau virage va être amorcé, avec la rupture avec la Grande-Bretagne, le 17 août 1923. Les deux premières flottes du monde, qui sont à l'époque, respectivement, la Royal Navy et l'US Navy risquent alors de devenir hostiles et de menacer les intérêts japonais. Du fait de sa proximité, l'américaine est bien sûr, la plus menaçante. Son économie demandant de plus en plus de ressources, le Japon se tourne vers le continent, ce qui donne d'abord l'invasion de la Mandchourie, en 1931, donnant naissance à l'état vassal du Manzhouguo, puis, en 1937, la seconde guerre sino-japonaise. Cependant, cette expansion vers l'ouest, principalement soutenue par les milieux proches de l'armée, va se heurter à plusieurs difficultés. Tout d'abord la résistance chinoise, rend le conflit long et coûteux, obligeant par la même à obtenir encore plus de ressources, ensuite les Japonais subissent plusieurs échecs contre les Soviétiques, qui les dissuadent de poursuivre une expansion vers la Sibérie, enfin certaines ressources indispensables, comme le pétrole ou le caoutchouc, ne sont disponibles qu'en Asie du Sud-Est. Cet ensemble de facteurs, va donc donner naissance à une stratégie d'expansion vers le sud, à laquelle s'opposent les intérêts américains et britanniques.

Dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, la Marine impériale japonaise, jusqu'alors encore simple auxiliaire de l'armée pour les conquêtes continentales, commence à se structurer spécifiquement dans l'objectif de combattre les États-Unis, pour le contrôle du Pacifique. En 1934, le Japon dénonce le Traité de Washington de 1922, qui limitait sa flotte au 3/5e de celle des États-Unis et du Royaume-Uni. Elle entame alors de nombreuses constructions de navires très offensifs, pour parvenir à dominer ses futurs adversaires.

Le 27 septembre 1940, à la signature du pacte tripartite, la marine dispose de :
À la fin de 1941, le Japon possède l'une des meilleures flottes de guerre du monde, et sûrement la plus agressive. Elle base sa stratégie sur la doctrine de la bataille décisive. La supériorité navale devant être obtenue en contraignant les marines adverses à une série d'engagements rapides et meurtriers, où la concentration et la supériorité des forces japonaises doivent être déterminantes. Pour mettre en œuvre la doctrine de la bataille décisive, deux écoles de pensée s'affrontaient alors au sein de la marine japonaise. L'une, traditionnelle, comptait s'appuyer sur une puissante flotte de navire de bataille et de croiseurs qui, appuyée par de nombreux contre-torpilleurs d'escadre et sous-marins, devait constamment poursuivre les groupes de surface ennemis puis les anéantir. La seconde, plus novatrice, prônait l'emploi de l'aéronautique navale, à la fois embarquée et basée à terre, pour poursuivre le même but. Le débat ne fut réellement tranché qu'après les premières expériences du conflit, qui donnèrent plutôt raison à la seconde, et le Japon avec ses ressources limitées mena de front à la fois la construction de puissants navires de surface comme les cuirassés de la classe Yamato ou les croiseurs de la classe Chokai, et celle de porte-avions, dont le premier, le Hosho avait été lancé en 1922.
porte-avions japonais Shokaku
porte-avions japonais Shokaku se préparant
à l'attaque sur Pearl Harbor.

Conscient de sa faiblesse à long terme, du fait de sa plus faible industrie, le Japon va partir en guerre contre les États-Unis avec un plan conçu par un homme, l'amiral Isoroku Yamamoto, qui s'était opposé de longue date à l'idée de ce conflit. Son opposition était due à la conscience qu'il avait de la brève supériorité initiale dont allait disposer le Japon qui selon lui ne durerait que six mois. Yamamoto, inspiré par le raid britannique de Tarente de novembre 1940, suggère de frapper dès l'ouverture des hostilités la flotte du Pacifique dans son port d'attache à Pearl Harbor pour l'empêcher d'interférer sur les conquêtes envisagées par le Japon, c’est-à-dire les Philippines, Singapour et les Indes néerlandaises. Il compte ainsi profiter de l'avantage dont il dispose dans le domaine aéronaval. En effet, face à ses dix porte-avions, l'US Navy ne pouvait en aligner que sept dont seulement trois dans le Pacifique et la Royal Navy trois dont le plus proche opérant dans l'océan Indien. Quelques heures après l'attaque sur Pearl Harbor, les bombardiers de la 11e flotte aérienne japonaise attaquent la 7e flotte de l'Air Force américaine basée aux Philippines et la force « Z » britannique, ce qui ouvre la voie à la capture des deux premiers objectifs visés. Par la suite, la marine impériale remporte encore une victoire décisive, à la bataille de la mer de Java, le 27 février 1942, qui permet la prise des Indes néerlandaises. Toutes les conquêtes de territoires convoités par le Japon ont été pratiquement réalisées en quelques mois, seule reste à prendre Port Moresby en Nouvelle-Guinée. Mais l'opération qui doit mener à sa capture est contrariée par la réapparition en force de l'US Navy au cours de la Bataille de la mer de Corail. Cette intervention, ainsi que le raid de Doolittle sur Tokyo, démontre à Yamamoto et à l'état-major de la flotte qu'une nouvelle offensive décisive contre les Américains est nécessaire, pour laisser le temps au Japon de consolider ses gains. Yamamoto choisi alors de porter ce nouveau coup sur les îles Midway.

En juin 1942, la Bataille de Midway va être une véritable catastrophe pour la marine impériale japonaise, suite à une série d'erreurs et de malchances, elle y perd quatre de ses précieux porte-avions, et surtout les pilotes qui y étaient embarqués. Le remplacement des porte-avions va être difficile et le Japon fait feu de tout bois, transformant plusieurs navires en porte-aéronefs, comme par exemple les deux cuirassés de la classe Ise. Le remplacement des pilotes est lui impossible car le temps manque pour en former de nouveaux aussi compétents. Les États-Unis n'ont eux perdu qu'un seul porte-avions Cette bataille est un véritable tournant de la guerre, certes l'US Navy aurait disposé tôt ou tard de la supériorité aéronavale mais Midway accélère le processus. Au lieu de gagner du temps lors de son opération, Yamamoto en a perdu. Privée de sa principale force offensive, le Japon est contraint à une posture défensive, sans avoir réellement le temps de s'y préparer.

porte-avion Zuikaku
1944, Golfe de Leyte, le porte-avion Zuikaku
sur le point de sombrer
Les Américains montent bientôt leur première offensive à Guadalcanal, qui gène leurs communications avec l'Australie. La qualité des forces de surface japonaises cause tout d'abord bien des tracas à l'US Navy qui ne peut empêcher les navires japonais de ravitailler et de renforcer la garnison de l'île, voire de bombarder les troupes américaines. Les croiseurs américains subissent plusieurs défaites, comme la bataille de l'île de Savo, où la supériorité des marins japonais dans les combats de nuit joue à plein. Mais ils restent les maîtres pendant la journée, grâce à leur aéronavale plus puissante, et peuvent bientôt se mesurer de nuit aux convois du Tokyo Express, compensant leur relative inexpérience par l'emploi de radars plus performants. La montée en puissance américaine devient alors irrésistible et les derniers voyages du Tokyo Express servent à évacuer les troupes japonaises qui sont battues sur l'île. La campagne des îles Salomon va tout de même durer jusqu'à la fin 1943, mais à sa conclusion, la base vitale japonaise de Rabaul est neutralisée, ce qui permet enfin aux Américains de s'avancer dans le Pacifique central. Ce qu'ils vont faire sur deux axes, l'un partant des Salomons et de la Nouvelle-Guinée vise les Philippines et Bornéo, ce qui isole le Japon de ses ressources des Indes néerlandaises, en particulier de ses approvisionnements en pétrole. L'autre, plus au nord, passe par les îles Marshall et les îles Gilbert, puis Guam et les Mariannes, s'approche progressivement de l'archipel nippon pour en préparer l'invasion. La marine impériale a perdu la possibilité d'influer sur le cours des événements. Elle parvient à reconstituer, grâce à un effort industriel important, une flotte de porte-avions, mais les pilotes expérimentés ont disparu. Engagée de nouveau massivement à la bataille de la mer des Philippines, elle va connaître des pertes catastrophiques, trois de ses porte-avions étant coulés et 395 avions abattus. L'ensemble de la marine impériale va fournir un dernier effort lors de la bataille du golfe de Leyte mais sans succès, et là encore à un prix effroyable, perdant quatre porte-avions, trois cuirassés et dix croiseurs. Cette bataille voit aussi, pour la première fois, l'apparition de tactiques désespérées avec l'emploi d'attaques-suicide. Ces kamikazes sont la dernière tentative des militaires japonais pour lutter contre une défaite inéluctable, il leur semble que c'est la seule façon d'utiliser leurs pilotes inexpérimentés. Le recours à ces mesures désespérées va encore s'intensifier, avec les batailles de la fin de la guerre, outre les avions, elles impliqueront aussi de grands navires, comme le cuirassé Yamato et son frère jumeau le Musashi. La flotte japonaise est en effet alors incapable de lutter de façon classique. Elle est à cours de carburant, elle est divisée en deux par la prise des Philippines, elle est attaquée efficacement par l'aviation alliée dans ses ports, y compris du Japon, et dès qu'elle sort en mer, elle est harcelée par les sous-marins de l'US Navy, qui remportent alors de grands succès contre les bâtiments militaires. Elle est donc contrainte à l'inaction et doit laisser le contrôle des mers aux flottes alliées. Les deux bombardements atomiques et l'invasion de la Mandchourie, par l'URSS, lui éviteront d'avoir à combattre de nouveau pour protéger son propre territoire.

signature de la capitulation
signature de la capitulation du Japon
a bord de l'USS Missouri.

Lors de la capitulation du Japon, sur les 12 cuirassés mis en ligne durant le conflit, un seul, le Nagato, était à flot mais endommagé. Sur les vingt grands porte-avions, quatre étaient à flots, endommagés à des degrés divers, un autre était en construction, les cinq porte-avions d'escorte étaient coulés. Sur les dix-huit croiseurs lourds, les deux survivants étaient gravement endommagés ; sur les vingt-deux croiseurs légers, deux à flots et un seul était intact de même qu'un des trois croiseurs utilisé pour l'entraînement, les autres ayant été détruits. Seule une grosse dizaine de destroyers et une quinzaine de grands sous-marins, outre les centaines de vedettes et sous-marins de poche prévu pour des opérations suicides, était opérationnels et étaient traqué par les forces alliés. Ses effectifs lors de la capitulation furent établis à 1 178 750 militaires dont 291 537 dans l'aviation navale.


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Sources :
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Marine_imp%C3%A9riale_japonaise


Nous remercions une fois encore, tous ceux qui ont contribué à ces pages pour en faire, nous l'espérons, une simulation passionnée et passionnante.